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Honte à moi, nous sommes déjà le 10 décembre et avec l'enchaînement des salons et des bouclages, je n'ai toujours rien écrit sur notre dernière parution, le remarquable Tsav 8 de Gilad Seliktar !

 

Ce livre a été initié il y a près de six ans, peu après la parution de Ferme 54 (Sélection officielle Angoulême 2009) que Gilad avait dessiné sur des textes de sa sœur, Galit. Initialement conçu comme une évocation poétique du service militaire de Gilad, adapté d'une histoire courte qu'il avait auto-éditée, le projet a pris de l'ampleur et fur et à mesure que Gilad prenait du retard (ou bien c'est le contraire)... Réquisitionné par l'armée en 2012 au moment de l'opération militaire « Pilier de Défense » à Gaza, Gilad décide alors d'intégrer cette expérience dans son projet, et de traiter plus largement de la question du système militaire israélien et de son armée de réservistes, du point de vue d'un artiste peu enclin à la chose militaire. La force du récit de Gilad Seliktar est d'évoquer ces thématiques en creux, sans les aborder frontalement, de faire deviner les choses et de faire comprendre au lecteur par petites touches comment la menace d'être réquisitionné à tout moment dans un pays continuellement en guerre peut être ressentie comme une épée de Damoclès. Ironie du sort, Gilad terminait les dernières planches de Tsav 8 à la fin de l'été dernier, au moment même où l'armée israélienne déclenchait une nouvelle opération militaire à Gaza. Il ignorait s'il risquait d'être de nouveau réquisitionné et s'il pourrait terminer le livre...

 

Gilad Seliktar est également un dessinateur très doué dont le talent avait déjà été remarqué sur Ferme 54. Il a encore progressé, et visuellement, son travail est époustouflant. Ses cases aux cadrages cinématographiques sont magnifiquement composées, dans un style très réaliste, avec un jeu d'ombres et de lumières toujours très présent et une palette de couleurs limitée et très douce, à la limite de la bichromie. La relative douceur des couleurs contrastant souvent avec la violence des sentiments et de certains des événements décrits ou suggérés. En un mot comme en mille, il s'agit d'un ouvrage marquant.

 

Comme nous faisons bien les choses, Gilad Seliktar sera en France à l'occasion du Festival d'Angoulême, ainsi qu'en Belgique, à la galerie Bruxelles-Paris le 26 janvier en compagnie des frères Hanuka, et pour deux autres dates à Paris et Besançon (plus de détails dans un post ultérieur).

 

Vous savez ce qu'il vous reste à faire !

Serge

 

" Dans un élégant entrelacs de pages tantôt prune et saumon, tantôt bleutées, Gilad Seliktar nous offre une fable désabusée dans le contexte d’une guerre sans fin et forcément absurde." actuabd.com

" En fin de compte, Gilad Seliktar aura fourni peu de réponses. L’objet de l’album s’en trouve diffus, parfois totalement impalpable. Mais au fond, peu importe. L’art est dans la manière, dans ce ton que l’auteur parvient à trouver ; comme une stratégie de l’évitement qui fait qu’en parlant de lui, il offre un certain regard. Le résultat est fascinant. " BDGest.com

" Bel exercice autobiographique, Tsav 8 ne pose pas la question de l’engagement patriotique, mais bien celle de la perception intime d’un artiste par rapport à l’appareil militaire, d’un homme qui se sait inadapté aux armes et à l’uniforme." Bodoï.com


 

 

Israël, l'artiste et la guerre
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