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Notre dernière parution de l'année, La Famille Fun, est le premier livre d'un jeune auteur américain, Benjamin Frisch (il n'a même pas trente ans, le bougre) et je vous garantis qu'il en surprendra plus d’un.

 

Mais avant de vous parler du livre, petit retour en arrière. En janvier dernier, le responsable des ventes de droits de l’éditeur américain Top Shelf, m'a montré quelques pages intrigantes pendant le festival d'Angoulême. C’est souvent ainsi que les éditeurs français découvrent des livres étrangers avant leurs parutions : les éditeurs ou leurs agents nous envoient des pdf ou bien nous montrent des extraits à l’occasion de rencontres entre professionnels, comme la foire internationale du livre de Francfort ou le Festival d’Angoulême qui organise un espace réservés aux éditeurs et agents. C’est d’ailleurs là, en janvier 2005, que j’ai acheté les droits du tout premier livre publié par çà et là, Points de Vues de Peter Kuper alors que la maison d’édition était encore en cours de création. Étonné par le registre graphique de La Famille Fun, j'ai ensuite lu le livre d'une traite à mon retour d'Angoulême et nous avons tout de suite acheté les droits de publication en langue française. Le livre a été publié en août aux États-Unis et il arrive donc trois mois plus tard, en version française, chez votre libraire favori.

 

La famille Fun en question est composée de Robert Fun, auteur de strips à succès, de son épouse Marsha et de leurs quatre bambins tous plus adorables les uns que les autres. Mais cette famille apparemment idéale va exploser suite au décès de la mère de Robert, perte qui le plonge dans une profonde dépression. A partir de ce moment-là, la famille part à vau-l'eau et le récit prend une tournure ultra grinçante, Benjamin Frisch emportant ses personnages dans une entreprise de déconstruction de certains travers de la société américaine. Il se livre à une attaque en règle du mythe de la famille idéale, des experts autoproclamés en développement personnel ou en conseil matrimonial, des gourous de toute nature, des fous de Dieu... Rien ni personne ne lui échappe.

 

Benjamin Frisch croque personnages et décors dans le style de certains comic strips des années 1960, avec des dessins tout en rondeurs et des couleurs chatoyantes qui offrent un contraste saisissant avec la noirceur des situations et l'ironie mordante de l'auteur. Les fins connaisseurs de l'histoire de la bande dessinée de presse américaine repérerons d’ailleurs les nombreuses allusions à The Family Circus, un strip créé au début des années 1960, et à la vie de son auteur, Bil Keane. Mais il n’est pas nécessaire de connaître cette bande dessinée inconnue en France pour apprécier le livre (d'ailleurs je n'en avais que de vagues souvenirs avant que Benjamin Frisch ne m'en parle).


En résumé, voilà un livre extrêmement surprenant, remarquablement structuré, drôle et dérangeant au possible. Âmes sensibles s'abstenir; lire La Famille Fun, c’est prendre un ticket pour des montagnes russes émotionnelles. Et comme pour les véritables montagnes russes, quand c’est fini, on en redemande !

 

Benjamin Frisch participera au Festival d'Angoulême 2017 (et ça sera d'ailleurs un retour pour lui car il y a séjourné 18 mois, en résidence à la Maison des Auteurs). Puis il ira à Paris la première semaine de février pour quelques rencontres et dédicaces dont nous vous tiendrons informés.

 

Vous savez ce qu'il vous reste à faire !

Serge

Noir, c'est noirNoir, c'est noir
Noir, c'est noirNoir, c'est noir

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