Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog


 

En ce mois d’octobre bien frisquet, nous publions en coédition avec Arte Editions le nouveau roman graphique de Mana Neyestani, Trois Heures, que vous pourrez lire au coin du feu, ou à côté de votre radiateur. Cet artiste iranien est l’un des auteurs incontournables de notre catalogue puisque nous avons déjà publié quatre titres ensemble ; Une Métamorphose Iranienne, Tout va bien, Petit manuel du parfait réfugié politique et L’Araignée de Mashhad. Mana est arrivé en France il y aura bientôt 10 ans et il a réussi à s’installer, obtenir le statut de réfugié politique, mener une carrière d’auteur prolifique, tout en continuant à faire de nombreux dessins de presse à un rythme soutenu (cf. son compte Instagram ici ). Bref, tout semblait aller pour le mieux… Et pourtant, il y a trois ans, alors qu’il s’apprêtait à s’envoler pour le Canada à l’invitation d’un festival de bande dessinée pour y faire la promotion de son dernier livre et voir son frère dans la foulée, Mana s’est retrouvé brutalement confronté à son statut de réfugié. Son titre de voyage à l’étranger (spécifique aux réfugiés) ne passait pas en machine et il s’est retrouvé bloqué pendant trois heures à l’aéroport d’Orly, impuissant. Une attente qu’il a mise à profit pour se livrer à une introspection en règle

Trois heures est donc un récit autobiographique, dans lequel Mana Neyestani, habituellement très réservé, dévoile une partie de son intimité et des ses angoisses. Il remonte à son enfance pour comprendre pourquoi il n’ose pas remettre en cause l’autorité, se remémorant ses cours avec un instituteur tortionnaire, ses relations compliquées avec son père, et ses déboires multiples au cours de confrontations avec l’administration française où il doit se soumettre au bon vouloir de ses interlocuteurs. Comme dans Une Métamorphose iranienne, Mana se garde de tout auto-apitoiement et fait preuve de beaucoup d’humour (noir), il se permet même des envolées poétiques surréalistes à des moments clés de son récit, utilisant à merveille son dessin hachuré qui rappelle Serre et Topor. Trois Heures est émaillé d’idées graphiques et d’images frappantes en pleine page, ce qui n’est pas surprenant de la part de cet auteur de dessins de presse qui manie avec maestria la concision.

Un livre à la fois bouleversant et instructif, sur un homme désorienté et sur la condition de nombreux réfugiés, quasi apatrides, qui ne sont plus ressortissants de leur pays natal et pas encore véritablement intégrés dans leur pays d’accueil.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Serge

Trois heures à Orly
Trois heures à OrlyTrois heures à Orly
Trois heures à OrlyTrois heures à Orly

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :