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... où je ferais mieux de fermer ma grande bouche. Par exemple cette semaine sur ActuaBd (cf ). A l'occasion de la sortie de Bottomless Belly Button de Dash Shaw, j'évoque la commercialisation de l'excellent Là où vont nos pères de Shaun Tan publié par les éditions Dargaud en 2007, et ayant forcé - je l'avoue - le trait, je me suis fait remettre à ma place.

Mais je persiste à penser que très souvent, les gros éditeurs délaissent leurs titres un peu difficiles ou hors normes, tout simplement parce que ce ne sont pas des titres stratégiques pour eux. Leur priorité sera toujours de réussir les sorties des titres vendus à 100 000 ex ou plus sur lesquels reposent l'économie de leur structure. In fine, pour Dargaud, le succès de Là où vont nos pères, c'est très bien, mais c'est juste la cerise sur le gâteau, une bonne opération de communication.

Pendant que j'y suis, autre cas de figure énervant: le gros éditeur qui fait des tirages uniques, et qui préfère laisser des titres en rupture pendant un an ou deux plutôt que risquer de perdre un peu d'argent sur un retirage. Par exemple Panini Comics, le spécialiste du genre. Panini qui est également adepte de l'édition super collector à 50, 60 voire 90 euros de grands classiques de la bd américaine (comme
Watchmen ou Dark Knight), sans pour autant  proposer de versions alternatives à la portée de toutes les bourses. Enfin, visiblement ça change, puisque des éditions à 15 euros de Watchmen sont prévues pour février (après avoir laissé le livre en rupture depuis juin ou juillet dernier quand même).

Et il arrive parfois l'excès inverse, un gros éditeur qui commercialise un livre important en lançant la grosse machine marketing sans prendre en considération les spécificités du livre. Par exemple Casterman, avec la sortie en fanfare de Breakdowns de Spiegelman au moment du Salon du Livre 2008, un livre mis en place au forceps par palettes entières dans un très grand nombre de librairies. Je sais, je peux donner l'impression de reprocher tout et son contraire à ces éditeurs. Mais dans le cas du Spiegelman, le livre a été présenté aux libraires comme le nouvel opus de l'auteur de Maus (ce qui est faux), susceptible de plaire à tous les lecteurs de ce classique, alors que Breakdowns est un livre qui s'adresse à un public de lecteurs avertis, intéressés par la bande dessinée underground américaine des années 60 et 70 et par la bande dessinée d'avant-garde. Autant dire que les retours ont été énormes, et que de nombreux acheteurs se sont sentis floués.

Je ne dis pas que les gros éditeurs sont "méchants" et encore moins que seuls les "indés" peuvent bien s'occuper de ces livres, ce n'est évidemment pas le cas. Mais dans quelques cas comme ceux que je viens de citer, il y a des décisions qui me paraissent avoir été prises sans grande considération pour le livre ou pour les lecteurs (ce qui peut également arriver aux "petits" éditeurs, mais c'est quand même plus marrant de taper sur les gros).


C'est bon, avec ça je pense que je devrais être très rapidement habillé pour l'hiver.






Tag(s) : #trucs bidules

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