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Les influences

Karlien de Villiers
a fait des études artistiques à l'université de Stellenboch, dans le département "Graphic Design", de 1994 à 1997. C'est au cours de ses premières années d'études qu'elle découvre les possibilités offertes par la bande dessinée en terme d'expression personnelle et de narration. Anton Kannemeyer et Conrad Botes, les deux co-fondateurs et éditeurs de la revue Bitterkomix, étaient enseignants à Stellenboch au moment de ses études.


(c) Anton Kannemeyer, alias Joe Dog, a participé au Comix 2000 publié par l'Association



(c) Conrad Botes, alias Konradski, dont quelques histoires ont été publiée en France dans le magazine Ferraille des Requins Marteaux et dans Lapin, publié par l'Association


"Leur travail a eu une énorme influence sur mon développement de jeune artiste étudiante. Avec Bitterkomix, il remettaient en cause les tabous sexuels, l'hypocrisie politique, religieuse et sociale de la société conservatrice afrikaner. Quand j'ai lu Bitterkomix en 1994, j'avais l'impression que c'était la première fois que l'état d'esprit claustrophobe et étriqué de la communauté blanche sud-africaine, ainsi que son rôle dans l'apartheid, était abordé en bande dessinée comique et satirique, et parfois même vulgaire."

  

 (couvertures des Bitterkomix, 4, 7 et 14)
(c) Bitterkomix

 

"Anton et Conrad m'ont également fait connaître la bande dessinée "adulte" de Chris Ware, Daniel Clowes, Julie Doucet ou encore Art Spiegelman, ce qui m'a permit de découvrir par la suite les travaux d'auteurs qui m'ont influencé, comme David B, Marjane Satrapi, Joe Sacco, Craig Thompson, Jean-Philippe Stasssen, Baudoin, etc. Lorsque j'étais enfant, je connaissais les bandes dessinées américaines "mainstream" de DC et Marvel Comics, ainsi que Tintin (évidemment), mais c'était à peu près tout ce qui était connu en Afrique du Sud avant la parution du premier Bitterkomix en 1992 (deux ans après la libération de Nelson Mandela). Mes premières histoires courtes furent publiées dans Bitterkomix 8, en 1998."

"Et donc en 2003, j'ai enfin commencé retrouver la mémoire et à parler de ma mère. Le fait de n'avoir jamais reparlé d'elle l'avait transformée en quelqu'un d'autre. D'une certaine façon, je l'avais idéalisée parce que c'était elle qui était morte et nous avait laissées, et je ne l'avais connue que jusqu'à l'âge de 11 ans. En écrivant l'ébauche de cette histoire, j'ai dû me confronter avec ma mère en tant que personne avec des défauts, et des opinions politiques et religieuses qui ne sont pas les miennes aujourd'hui. Je devais la voir d'une façon plus "adulte", et non pas uniquement comme la version romantique de la mère morte jeune, la "mère gentille", contre ce père qui nous avait abandonnées sur le plan affectif. "


 (Karlien et ses parents en 1979 ou 1980)


"Peu après, j'ai rendu visite à Anton Kannemeyer, pour lui montrer mes croquis et il m'a immédiatement suggéré de commencer un livre, un roman graphique. C'est à peu près à ce moment-là que j'ai entendu parler de Marjane Satrapi pour la première fois, bien que son livre n'était pas encore disponible en Afrique du Sud. En fait, j'ai lu Persepolis en 2004, alors que j'avais déjà dessiné environ 15 pages de la version finale de mon livre. Je parle de ça parce qu'on me demande souvent si Satrapi a influencé mon travail, et la réponse est oui, incontestablement, mais seulement en partie. Je pense que mes influences en narration et mon amour des histoires proviennent d'expériences de lectures plus anciennes, comme Jonathan Franzen, Raymond Carver, John Irving, Art Spiegelman, le duo de Bitterkomix (Anton Kannemeyer et Conrad Botes), Julie Doucet, Debbie Dreschler, etc…Je crois que Persepolis m'a montré d'autres exemples d'affinités possibles entre histoire et illustrations, même si je ne sais pas précisément comme l'expliquer."

Suite dans un prochain post

A noter que nous intégrons également dans ce making of des passages inédits d'une interview réalisée pour le magazine Bodoï, avec l'aimable autorisation de Laurence Le Saux.

Tag(s) : #infoscaetla

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