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Il est en librairie depuis maintenant une dizaine de jours, vous l'avez peut-être déjà entrevu (il faut dire qu'il ne passe pas inaperçu), le grand et beau Storeyville de Frank Santoro est là.

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Ancré dans l'Amérique du début du XXème siècle, Storeyville est un roman d'apprentissage, la quête initiatique d'un jeune hobo qui traverse l'Est des Etat-Unis à la recherche de son père spirituel. Voilà un livre magnifique, d'une très grande inventivité formelle, mais qui peut déconcerter, voire rebuter par ses illustrations qui semblent de prime abord être inachevées. Il faut plonger dans l'univers de Santoro pour en apprécier les nuances et les intentions. Et ceux qui se laisseront tenter ne sont pas près de l'oublier.

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Frank Santoro a réalisé Storeyville en 1995, dans un très grand format, celui des suppléments du dimanche de la presse américaine, là où la bande dessinée était publiée à ses origines. Il se donne également une contrainte de découpage, avec un gaufrier de cinq bandes de trois cases sur la totalité du livre, pour mieux l'exploser, la déborder, en dessinant hors cadre, ou en étalant des plans sur plusieurs cases.

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Santoro réalise une bande dessinée en perpétuel mouvement où le trait épouse les sensations et l'état d'esprit du narrateur, Will Good. Lorsque celui-ci se perd (physiquement et moralement) le  dessin devient abstrait, composé de lignes et de formes géométriques.

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Quand Will finit par trouver son père spirituel, achève sa quête et se trouve donc lui-même, le dessin se fait détaillé, précis, cadré, pour terminer sur une incroyable double page, magnifique image de la plénitude et de la sérénité. Mais Storeyville laisse le champs libre à toutes les interprétations, chaque lecteur pourra y trouver des choses différentes.
Eric Vernay de Fluctuat en parle très bien ici, ainsi que Joseph Ghosn . A lire également la belle chronique croisée de Storeyville et Georges Sprott (de Seth) par Anne-Claire Norot dans les Inrockuptibles de cette semaine.



Enfin, il faut souligner la qualité de la traduction de Jean-Paul Jennequin, et le gros travail de lettrage manuel réalisé par Anne Beauchard qui reproduit parfaitement l'écriture de la version d'origine.  Bref, vous l'avez compris, nous ne sommes pas peu fiers d'éditer ce chef d'oeuvre en France et nous vous incitons vivement à (vous faire) offrir ce beau cadeau.


Tag(s) : #infoscaetla

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