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J'ai appris hier soir la triste nouvelle du décès de Gerry Alanguilan, emporté beaucoup trop tôt par une insuffisance rénale dont il souffrait depuis de longues années. Gerry est l'auteur de Elmer, que nous avons publié en 2010, qui a connu un joli succès en France, à la grande surprise de son auteur.

 

J'ai découvert Gerry Alanguilan en 2009 grâce à Tom Spurgeon (qui vient également de décéder, triste coïncidence), un journaliste américain qui tenait le blog comicsreporter.com et qui avait décidé de faire une interview de cet auteur philippin connu en tant encreur pour Marvel et DC Comics. Gerry Alanguilan y parlait d'un projet personnel, qu'il avait autoédité aux Philippines, une bande dessinée sur un drame dans une famille de poules et j'avais été très intrigué par le thème et surtout la belle couverture qui montrait un portrait de coq de profil. J'étais entré en contact avec Gerry, qui avait été très surpris qu'un éditeur européen s'intéresse à son travail et ravi que je décide de le publier courant 2010. Elmer, un véritable ovni, avec ses illustrations tirées au cordeau et son scénario improbable, a pris ses lecteurs et lectrices aux tripes par surprise. C'est un ouvrage important, très sensible, humaniste, à l'image de son auteur. Le livre fut publié dans la foulée aux Etats-Unis où il fut nominé pour les prestigieux Eisner Awards. En France, il connu également un grand succès, remportant le prix ACBD de la bande dessinée asiatique, le Prix Quai des Bulles et des multiples nominations amplement méritées. Il est ainsi devenu l'un des artistes philippins les plus connus à l'étranger, juste retour des choses pour lui qui avait consacré une bonne partie de sa vie à faire la promotion des vieux maîtres de la bande dessinée philippine et qui a même été jusqu'à créer un petit musée chez lui sur l'histoire de la bande dessinée de son pays.

 

Mais le principal souvenir que j'ai de Gerry est sa personnalité radieuse. Lors de son unique séjour en France fin 2013, il était resté une semaine à Paris et j'avais l'impression qu'il souriait en permanence, un sourire qui lui avait d'ailleurs valu son quart d'heure de gloire internationale grâce à une petite vidéo virale qui avait fait le tour d'une partie de la planète. Il souriait tout le temps, alors qu'il avait de sérieux problèmes de santé et qu'il devait régulièrement faire des dialyses, ce qui devait d'ailleurs être le thème de son prochain livre. Mais il était ravi d'être là, en France, de découvrir Paris et ses monuments qu'il avait admirés en photo au cours de ses études d'architecture. Il était heureux de voir ses lecteurs français, qui avaient si bien accueilli son livre, et ce bonheur était communicatif et émouvant. C'est le souvenir que je garderai de lui.

 

Serge

 

Gerry Alanguilan 1968-2019
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