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Nos deux dernières nouveautés de l'année sont en librairie, il s'agit de L'Année des ordures de Derf Backderf et Walk me to the corner d'Anneli Furmark. Un auteur et une autrice qui ont plusieurs choses qui les rassemblent. D’une part, des noms de famille avec pas mal de lettres en commun, ensuite tous deux sont à peu près de la même génération puisque Derf est né en 1959 et Anneli en 1962. Ils sont aussi devenus des voix respectées dans leur propre pays comme en France. Et enfin, ce sont deux auteurs importants de çà et là puisque nous avons publié cinq titres d'Anneli et six de Derf.

Dans son dernier livre, Walk me to the corner (référence à une belle chanson de Léonard Cohen, Hey, that's no way to say goodbye), Anneli Furmark propose un magnifique portrait de femme. Celui d’Élise, une mère de famille cinquantenaire confortablement installée dans son mariage depuis un quart de siècle, qui voit sa vie bouleversée le jour où elle tombe follement amoureuse d'une autre femme. Élise se retrouve alors plongée dans la spirale des émois amoureux tels que les ressentent les adolescents, avec échanges de textos à tire-larigot, envois de playlists des chansons adorées, et tutti quanti. Mais cette phase euphorique est rapidement suivie d'un atterrissage en douleur quand les répercussions se font sentir sur le couple d’Élise et lorsqu’elle se rend compte que son amante n'est pas prête à quitter sa famille. Jouant habilement sur une palette de couleurs aux teintes délicates et atténuées, Walk me to the corner est un récit très doux, où les protagonistes s'aiment ou se quittent dans une sarabande impressionnante de réalisme, comme un écho lointain aux Scènes de la vie conjugale d’Ingmar Bergman. Dans cet ouvrage sensible, l'homosexualité n'est jamais un sujet de discussion. On lit juste une belle histoire d'amour entre deux personnes qui ne seront jamais agressées pour leurs préférences sexuelles, ce qui est à la fois rafraîchissant et nous laisse aussi entrevoir ce que pourraient être nos vies amoureuses dans une société libérée d’un conservatisme encore trop présent.

Le dernier opus de Derf Backderf, sorti le 5 novembre dernier, opère lui dans le champs de l'humour punk. L'Année des ordures est en effet un proto-Trashed, le roman graphique de 240 pages publié en 2015 chez çà et là. Treize ans avant la parution dudit Trashed, Derf avait commis un petit ouvrage de 48 pages pleines d’anecdotes croustillantes vécues pendant l'année durant laquelle il a été éboueur dans sa ville natale. L'Année des ordures (qui s'appelait également Trashed aux États-Unis) a été publié chez un petit éditeur, SLG, en 2002 et est depuis longtemps épuisé. Cela faisait trois bonnes années que je tannais Derf pour que nous publions cet ouvrage tordant et j’ai fait une petite gigue lorsqu’il a accepté. Ou peut-être était-ce une bourrée. Cette manifestation de joie s’explique facilement : L’Année des ordures est un livre charnière dans l’œuvre de Backderf,. C’est le chaînon manquant entre les récits courts qu’il a réalisés pendant une vingtaine d’années - ses True Stories (toujours disponibles chez votre libraire favori) - et les romans graphiques qui l’ont fait connaître chez nous. Il faut enfin souligner la qualité de la traduction bien trash de Philippe Touboul qui retranscrit magnifiquement toute la verve des personnages du livre, et l’excellence des lettrages manuels de Céline Merrien qui reproduit à la perfection l'écriture disons mouvementée de Derf à cette époque.

En somme, de très beaux cadeaux de fin d'année pour vous ou bien pour vos proches !

Vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Serge

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